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Révolution citoyenne

Les mensonges de Lisbonne

9 Février 2008 , Rédigé par Christian Laborde Publié dans #Révolution citoyenne

Mini traité. En ouvrant la voie à la ratification, la France relance le processus européen.

De notre correspondant à Bruxelles JEAN QUATREMER

Libération : vendredi 8 février 2008

Ce titre d'un des médias dominants de la sphère eurocratique résume à lui seul tous les mensonges du traité de Lisbonne.

"C’est un «ouf» de soulagement dans l’Union : l’Assemblée nationale française a voté à une écrasante majorité, hier, la loi autorisant le président de la République à ratifier le traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007."

C'est ainsi que l'Union Européenne montre définitivement son vrai visage : le déni de démocratie que représente cette ratification scélérate est accueillie dans la joie par des politiciens qui se prétendent démocrate.

Mais peut-on vraiment appeler démocrates des gens qui se croient au dessus du peuple censé être le souverain. Non ! Nous vivons un retour à une nouvelle forme de féodalité, une féodalité plus douce, qui garde les apparences de la démocratie avec ses principaux acteurs, mais il s'agit bien, en fait, d'un théâtre. Dans les coulisses, il y a ceux qui tirent les ficelles, les vrais tenants du pouvoir. Et ceux-ci n'allaient pas s'arrêter à une décision malheureuse du peuple français qui bousculait leurs plans de prise de pouvoir mondial.

Car, second mensonge, il ne s'agit pas de relancer un quelconque processus européen, mais bien de poursuivre la mondialisation néo libérale instrument majeur de destruction des solidarités et de la prise de pouvoir par cette caste néo féodale que représente les super riches.

Sarkozy, notre nouveau nabot-léon, n'a été mis au pouvoir par les puissances d'argent que dans ce but. C'est pour cela que parmi toutes ses promesses mensongères, figurait celle d'un "mini traité" qui aurait repris les partis du TCE qui ne faisaient pas débat. Il est très vite apparu qu'en fait le traité de Lisbonne n'est pas ce "mini traité" promis et Valéry Giscard d’Estaing le confirme :

« Pour évaluer les différences entre le traité de Lisbonne et le projet de traité constitutionnel, il convient de se référer à la fois à ce mandat adopté à Bruxelles - et qui a, en fait, défini le contenu du traité de Lisbonne - et la décision du Conseil constitutionnel français sur ce dernier traité, à laquelle le président Giscard d'Estaing n'a pas participé, estimant que son implication était trop forte pour qu'il puisse intervenir dans le débat. En résumé, le contenu de ces deux textes est très voisin, leur présentation étant simplement différente.

Le traité de Lisbonne - dont on ne peut pas vraiment dire qu'il est simplifié puisqu'il est plus long que le précédent traité - conserve les traités antérieurs, à savoir le traité sur l'Union européenne et le traité instituant la communauté européenne, rebaptisé traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Il s'agit, en fait, d'un catalogue de modifications des traités antérieurs, tel que le prévoit l'alinéa 1 du mandat selon lequel "le concept constitutionnel qui consistait à abroger tous les traités actuels par un traité unique appelé Constitution, est abrogé."

Le traité modificatif introduira dans les traités actuels les innovations découlant de la CIG de 2004, c'est-à-dire le contenu du traité constitutionnel. Il s'agit donc bien, avec ce catalogue, d'un texte ayant le même contenu que le précédent, mais faisant l'objet d'une présentation différente, dont la lecture est cependant pratiquement impossible, au point d'ailleurs que la commission des affaires étrangères, qui a réalisé une version consolidée, a consacré quatorze pages à des tableaux de correspondance entre le traité de Lisbonne et l'ensemble des traités européens.

Pour ce qui est du contenu du traité de Lisbonne, l'essentiel du traité constitutionnel est maintenu, conformément au mandat donné à la CIG, avec, il est vrai, quelques ajouts et quelques retraits. Ce maintien s'observe, d'une part, dans le mandat donné à la CIG, d'autre part, dans la reprise au mot près des neuf principales avancées de ce dernier, qu'il s'agisse de la présidence stable, de la personnalité juridique de l'Union ou encore du fonctionnement des institutions, et, enfin, dans la décision du Conseil constitutionnel français. Ce dernier, qui avait à se prononcer sur les changements nécessaires à apporter à la Constitution française pour pouvoir ratifier le traité de Lisbonne, s'est en effet référé à la décision qu'il avait déjà rendue en novembre 2004 à propos du traité constitutionnel lui-même, avec quelques petites modifications - selon un chercheur, 98 % de la substance du traité constitutionnel se retrouve dans le traité de Lisbonne. »

On le voit donc, le traité de Lisbonne c'est le TCE que les Français ont refusé par référendum et que l'on nous impose aujourd'hui. Que reste-t-il de démocratique dans l'UE après se coup de force ? Le même article répond clairement à cette question :

Y a-t-il un risque que le traité soit rejeté par un Etat membre ?

Le suspense est très faible, la quasi-totalité des États s’étant engagée à ne pas procéder à une ratification par référendum. C’est à cette condition que les dix-huit Etats ayant ratifié (dont l’Espagne et le Luxembourg par référendum) la Constitution européenne ont accepté de renégocier un traité ne reprenant que les aspects institutionnels du texte rejeté par la France et les Pays-Bas.

Ainsi donc, la "quasi-totalité des États" s'est engagé à ignorer la volonté de leurs citoyens. On notera en passant que le journaliste (JEAN QUATREMER) maintient dans son texte la fiction du "mini traité" qui est le prétexte utilisé par les tenants du traité, de gauche comme de droite, pour excuser leur forfaiture. Et si je n'attendais rien de mieux de la droite, je veux ici dénoncer tous les traîtres de gauche qui ont renié les idéaux qu'ils prétendaient porter.

Les traîtres décomplexés qui ont voté oui :

Les parlementaires Dominique Baert, Christophe Caresche, Paul Giacobbi, Annick Girardin, Armand Jung, Jack Lang, Michel Lefait, Annick Lepetit, Albert Likuvalu, Victorin Lurel, Jeanny Marc, Dominique Orliac, Sylvia Pinel, Philippe Tourtelier, Manuel Valls, André Vézinhet et Jean Claude Viollet.

Les sénateurs Robert Badinter, Jean Besson, Nicole Bricq, Monique Cerisier Ben Guiga, Charles Josselin, Alain Journet, Gérard Miquel, Bernard Piras, Jean Pierre Plancade, Daniel Raoul, André Rouvière, Patricia Schillinger, Jean Pierre Sueur, Catherine Tasca et Richard Yung.

Les faux-culs qui se sont abstenus, ce qui revenait pratiquement, compte tenu des règles de votes, à voter deux fois oui :

Les parlementaires Patricia Adam, Jean Marc Ayrault, Delphine Batho, Chantal Berthelot, M. Jean Louis Bianco, Mme Gisèle Biémouret, Serge Blisko, Patrick Bloche, Daniel Boisserie, Maxime Bono, Jean Michel Boucheron, Mmes Marie Odile Bouillé, Monique Boulestin, M. Pierre Bourguignon, Danielle Bousquet, Alain Cacheux, Jérôme Cahuzac, Jean Christophe Cambadélis, Martine Carrillon Couvreur, Guy Chambefort, Gérard Charasse, Marie Françoise Clergeau, Catherine Coutelle, Pascale Crozon, Frédéric Cuvillier, Claude Darciaux, Michel Debet, Michèle Delaunay, Guy Delcourt, Michel Delebarre, Bernard Derosier, Michel Destot, René Dosière, Julien Dray, Tony Dreyfus, Yves Durand, Odette Duriez, Corinne Erhel, Aurélie Filippetti, Geneviève Fioraso, Jean Louis Gagnaire, Guillaume Garot, Jean Gaubert, Catherine Génisson, Jean Patrick Gille, Joël Giraud, Gaëtan Gorce, Pascale Got, Marc Goua, Jean Grellier, Elisabeth Guigou, Danièle Hoffman Rispal, François Hollande, Monique Iborra, Eric Jalton, Henri Jibrayel, Marietta Karamanli, François Lamy, Jean Yves Le Bouillonnec, Marylise Lebranchu, Jean Yves Le Déaut, Jean Marie Le Guen, Annick Le Loch, Bruno Le Roux, Bernard Lesterlin, Louis Joseph Manscour, Jacqueline Maquet, Jean René Marsac, Sandrine Mazetier, Michel Ménard, Pierre Moscovici, Pierre Alain Muet, Marie Renée Oget, Françoise Olivier Coupeau, George Pau Langevin, Marie Françoise Pérol Dumont, Martine Pinville, Philippe Plisson, François Pupponi, Jean Jack Queyranne, Dominique Raimbourg, Alain Rodet, Marcel Rogemont, René Rouquet, Alain Rousset, Michel Sainte Marie, Michel Sapin, Marisol Touraine, Jean Louis Touraine, Jean Jacques Urvoas, Daniel Vaillant, André Vallini et Philippe Vuilque, Jean Glavany, Patrick Lemasle, Bernard Roman, Yves Cochet, Noël Mamère, François de Rugy.

Les sénateurs Jacqueline Alquier, Michèle André, Bertrand Auban, Jean Pierre Bel, Marie Christine Blandin, Yannick Bodin, Didier Boulaud, Yolande Boyer, Jean Pierre Caffet, Claire Lise Campion, Bernard Cazeau, Gérard Collomb, Yves Dauge, Jean Pierre Demerliat, Christiane Demontès, Claude Domeizel, Bernard Dussaut, Jean Claude Frécon, Bernard Frimat, Jacques Gillot, Jean Noël Guérini, Yves Krattinger, Philippe Labeyrie, Serge Lagauche, Serge Larcher, Louis Le Pensec, Raymonde Le Texier, Claude Lise, Roger Madec, Philippe Madrelle, Jacques Mahéas, François Marc, Pierre Mauroy, Louis Mermaz, Jacques Muller, Jean Marc Pastor, Jean Claude Peyronnet, Jean François Picheral, Gisèle Printz, Daniel Reiner, Thierry Repentin, Roland Ries, Michèle San Vicente Baudrin, Michel Sergent, Jacques Siffre, René Pierre Signé, Simon Sutour, Michel Teston et Dominique Voynet.

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El Sinsé 10/02/2008 09:46

Reste une solution aux simples citoyens que nous sommes, porter plainte contre ce déni de démocratie ...http://www.29mai.euCré-@ctivementEl Sinsé