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Révolution citoyenne

Point de salut sans crois­sance

8 Décembre 2007 , Rédigé par Christian Laborde Publié dans #Coup de gueule

BILAN est le magazine économique de référence en Suisse Romande et en conséquence le porte-parole officieux de la pensée néo libérale. En lisant cette lettre ouverte que je leur adresse, vous comprendrez pourquoi je considère ce genre de publication comme le « Mein Kampf » de la pensée unique.

Messieurs le journalistes, quel est votre rôle dans la société ?

Informer vos lecteurs, analyser, disséquer les informations que vous recevez et publiez ? Selon le degré d'implication que d'aucun vous autorise, ce serait là votre fonction, la justification de votre salaire. Mais que trouve-t-on dans votre magazine ?

A part une critique de certains gaspillages (et même de gaspillages certains) qui ne sont que des gouttes d'eau l'océan d'inefficacité de notre société, votre publication n'est qu'un rabâchage des pocifs de la pensée unique, un copier-coller du dogme néo libéral.

Dès la page 8 de votre n° 239, on nous assène une vérité indiscutable : « point de salut sans crois­sance ». Quelle atteinte au simple bon sens ; n'importe quel cycliste vous dirait que s'il devait accélérer en permanence pour ne pas chuter, toutes ses randonnées finiraient à l'hôpital et, en fait, son sport n'existerait simplement pas par impossibilité physique. La croissance comme l'accélération infinie est une impossibilité scientifique. Le dogme néo libéral nous promet donc le salut par une imposture. Cela confirme bien que l'économie n'est pas une science, même si elle en utilise certains outils, mais bien une forme de théologie : il faut croire.

Il faut croire, en effet, car si on commence à réfléchir, les contradictions ne peuvent que sauter aux yeux :

En page 12 du même numéro, un titre nous annonce : « Les dépenses de santé progressent plus vite que la croissance » (je passe sur l'erreur grammaticale). Le ton de l'article doit nous faire comprendre qu'il s'agit là d'un problème grave et qu'il faudrait s'en inquiéter. D'un côté les dépenses de santé, de l'autre la croissance, les deux sont mis en antagonisme. Mais qu'en est-il, par exemple, des dépenses de publicité, de la croissance du marché des 4x4 et des voitures de grosse cylindrée ?

Justement, ce numéro comporte 28 pleines pages de publicité plus 5 demi-pages, dont deux pleines pages pour une marque de 4x4 et deux deux pleines pages plus un insert et un article pour des voitures pas vraiment économiques. Cela sert-il la croissance, et quelle croissance ?

Les dépenses de santé, qui ont une connotation négative dans votre journal, alimente l'économie par les investissements nécessaires, font travailler des gens qui paient des impôts et, finalement, répondent à un besoin vital de la société. Peut-on en dire autant de la publicité ? Alors, pourquoi mettre à part le secteur de la santé et ne pas considérer qu'il s'agit d'un secteur économique qui participe à la croissance qui vous est si chère ?

Bien sûr, c'est le genre de question pour lequel on n'attend pas de réponse. En fait j'ai mon idée à ce sujet. La critique sur les dépenses de santé porte en fait sur le secteur de la santé publique, qui a un gros défaut par rapport au secteur privé : il n'offre pas de possibilité de profit pour des investisseurs.


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