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Révolution citoyenne

Le bac à sable (suite)

25 Novembre 2007 , Rédigé par Christian Laborde Publié dans #Economie

Une nouvelle confirmation du principe du bac à sable nous arrive de Suisse, coffre-fort du Capitalisme par excellence. Mettons en parallèle, deux informations lues dans les médias :

« La fortune cumulée des 300 plus riches de Suisse dépasse d'un quart le produit intérieur brut helvétique cette année. Le total de leurs biens atteint 625 milliards de francs, selon "Bilan". Le Suédois Ingvar Kamprad reste le leader avec environ 36 milliards. »

"Bilan" est le principal magazine économique Suisse, ce qui signifie qu'il ne peut être soupçonné de propagande anti-libérale. Le détail de l'article est encore plus édifiant :

Avec 10 milliards de plus que l'estimation 2006, le patron des magasins de meubles Ikea occupe le quatrième rang mondial. Les familles Oeri et Hoffmann conservent la deuxième position en dépit de leur appauvrissement de 2 milliards à cause des revers boursiers essuyés par les actions de leur groupe bâlois Roche. Ils peuvent tout de même compter sur une somme de quelque 19 milliards.

La suite du classement offre quelques surprises. La dynastie Brenninkmeijer, active dans le textile, surgit au troisième rang avec 16 milliards de francs. Ils chassent tout juste du podium l'homme d'affaires russe Viktor Vekselberg.

Et Ernesto Bertarelli, lui-même chassé du troisième rang par M. Vekselberg l'an dernier, glisse cette fois en sixième position car la famille Latsis, active dans la banque à Genève, est venue s'interposer à la cinquième place.

La femme la plus riche de Suisse se nomme Charlene de Carvalho-Heineken, et s'assure une fortune de 7 milliards de francs grâce à ses 115 brasseries dans 65 pays. La liste ne compte que 24 femmes, dont la chanteuse grecque polyglotte Nana Mouskouri, avec une fortune estimée entre 100 et 200 millions de francs.

Le bassin lémanique reste un refuge pour gens fortunés, note "Bilan". Les cantons de Genève et Vaud sont les mieux pourvus de Suisse, alors le Jura ne figure pas dans la liste.

Mais le plus intéressant est l'évolution de la répartition de cette richesse :

Lors du premier classement établi en 1989, les cent plus riches de Suisse rassemblaient à peine 66 milliards de francs. En 2007, les trois plus fortunés suffisent à dépasser cette somme à eux seuls.

Cela, c'est "Bilan" qui le dit. Que disent, par contre, les oeuvres d'entre-aide :

Indigence suisse occultée... enfin dévoilée !

Seuls les 10 % des plus nantis de la population disposent aujourd'hui de plus d'argent qu'au début des années nonante. Pour deux tiers des citoyens, en revanche, le revenu disponible a baissé durant les dix dernières années », informe l'oeuvre d'entraide. Le fossé entre les pauvres et les riches alors s'élargit, et c'est la classe moyenne qui régresse face à la tendance à la pauvreté, confirme la même référence.
Selon les sources de Caritas, on a aujourd'hui « plus de 850 000 personnes qui sont touchées par la pauvreté ». Le nombre de travailleurs pauvres, les personnes occupant des tâches ménagères disposant d'un revenu au-dessous du seuil de la pauvreté, étaient 137 000 en 2003, soit, familles comprises, un total de 513 000 personnes directement impliquées dans ce problème lancinant, confirme l'Office fédéral de statistique (OFS). Ce chiffre a pris une ampleur à hauteur de 553 000 personnes, dont 232 000 enfants, conformément à une étude, plus récente, du Fonds national suisse de la recherche.
Les familles mono parentales, les structures avec deux enfants et plus, les étrangers, notamment les femmes d'origine étrangère qui gardent seules leurs enfants, les dotés d'un faible bagage scolaire, les personnes souffrant d'une maladie physique ou psychique, les toxicomanes, les sans-emploi sont les catégories sociales les plus frappées par la progression de la pauvreté.

Un pavé de plus dans la mare, ou plutôt le marigot, médiatique. Non ! La libéralisation, la dé régulation et le "moins d'État" ne diminue pas la pauvreté, bien au contraire. Cela ne fait qu'augmenter les inégalités.

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