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Révolution citoyenne

Gagnant-perdant

8 Janvier 2007 , Rédigé par Christian Laborde Publié dans #Economie

La côte Est américaine perd son assurance

Suite au cyclone Katrina, les nouveaux propriétaires du bord de mer peinent à assurer leurs habitations.

Libération : lundi 8 janvier 2007

Craignant par-dessus tout les risques de nouveaux cyclones de l'ampleur de Katrina, les principales compagnies d'assurances américaines refusent désormais de vendre des contrats pour les maisons situées le long de la côte atlantique des Etats-Unis. State Farm, le plus important assureur d'habitations, a décidé de ne plus signer la moindre police d'assurance des côtes du Delaware jusqu'à celles de Caroline-du-Nord. Allstate, le numéro 2 du secteur, a prévenu, le mois dernier, qu'il allait se retirer de certaines zones côtières du Maryland où il juge le risque «trop élevé».

Les grandes compagnies d'assurances sont pourtant loin de rencontrer des difficultés financières. Même en 2005, le secteur a dégagé un bénéfice de 43 milliards de dollars. Les résultats de 2006 devraient atteindre des records. Ainsi, Allstate a présenté un résultat de 1,16 milliard de dollars au troisième trimestre.

Si les changements ne remettent pas en cause les contrats en cours, ils ont pour effet de rendre la recherche d'une police d'assurance de plus en plus difficile et onéreuse pour les nouveaux propriétaires. [...] Les propriétaires les plus affectés ne sont donc pas ceux qui sont prêts à payer plus mais les accédants à la propriété et les particuliers moins fortunés.

Voici donc un nouvel exemple du paradis que nous promettent les partisans du libéralisme et de l'économie de marché. Après la santé et l'école à deux vitesses, c'est maintenant l'assuranceà deux vitesses. Si l'on peut dire, car souvent, pour les moins favorisés, la vitesse serait plutôt la marche arrière.

Heureusement, les temps ne sont pas aussi durs pour tout le monde comme nous l'apprend Libération :

Cette année, les places financières du monde se disputent les superlatifs pour décrire l'euphorie boursière 2006. [...] Et ce particulièrement en Asie, où rien, pas même les perturbations de l'Internet liées au tremblement de terre de Taiwan (lire ci-dessous), n'est venu perturber l'allant boursier. Hongkong, Shanghai, Singapour, Jakarta, Sydney, terminent l'année sur des records absolus.

Comme New York, où l'indice Dow Jones, rassuré par ce qui semble être un «atterrissage en douceur» de l'économie américaine, a, pour la première fois de son histoire, dépassé les 12 500 points.

L'Europe partage la même béatitude. Paris, qui vit sa quatrième année consécutive de hausse, affiche un gain de 17,14 % depuis début 2006. Il est vrai que certaines valeurs «françaises» se sont déchaînées cette année : c'est le cas d'Alstom (+ 107 %), d'EDF (+ 73 %), de Suez (+ 45 %) et de Veolia (+ 41 %) pour n'en citer que quelques-unes.

En Allemagne, il faut remonter à 2000 – juste avant l'éclatement de la bulle Internet pour trouver à Francfort un nombre de transactions plus important : à l'époque, il s'élevait à 6 000 milliards d'euros. Cette année, les marchés allemands vont s'en rapprocher, puisqu'ils terminent 2006 avec 5 000 milliards d'euros.

Cet enjouement généralisé a servi les appétits d'introduction en Bourse : 142 entreprises (dont Aéroport de Paris) sur Euronext (Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne). C'est le chiffre le plus élevé depuis 2001.

Les fusions et acquisitions, qui ont elles aussi, battu des records dans le monde cette année, ont évidemment contribué à cet enthousiasme boursier : 3 610 milliards de dollars, c'est bien plus qu'en 2005 (+ 30 %), qui n'était déjà pas une si mauvaise année.

Il est à noter que ce flot d'argent ne profite qu'à des grands groupes et à des opérations spéculatives. Il n'y a pas là de véritable création de richesse durable, mais le gonflement de la bulle qui finira par détruire toute l'économie dans un véritable tsunami. Pour l'instant, les premiers à souffrir sont les victimes de ces fameuses "fusions-acquisitions" qui réjouissent tellement les spéculateurs.

C'est cette économie basée sur une logique gagnant-perdant qui doit être combattue par tous les moyens. C'est de la légitime défense et c'est urgent.

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