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Révolution citoyenne

Alter économie

27 Juillet 2006 , Rédigé par Christian Laborde Publié dans #Economie

Permettez moi de marcher sur les plates-bandes de tous ces distingués économistes qui passent leur temps à (essayer de) nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Je vais commettre un article d'économie totalement contraire à la pensée unique en vigueur. Ce ne sera pas le dernier.

La « Nouvelle gestion publique »

C'est une des plus grosses tromperies de la théorie néo libérale. L'état devrait se gérer comme une entreprise, voir même comme un ménage et équilibrer parfaitement son budget, donc se restreindre en cas de crise.

Cette théorie ne peut que plaire à tous ceux qui ont du mal à boucler leur budget chaque mois et qui doivent payer leurs impôts malgré tout. Cependant, à bien y réfléchir, cette théorie est tout à fait dis­cutable. D'accord s'il s'agit d'avoir un état efficace et non gaspilleur, mais ensuite, il faut bien savoir de quoi on parle.

D'abord, les entreprises n'ont pas de leçon à donner dans ce domaine, car souvent leur seule efficacité est une pression accrue sur les salaires. Ensuite, une entreprise doit fournir à ses clients des produits ou des services au plus juste prix. Si elle est trop chère, les clients s'en détournent, si ses marges sont trop faibles, elle risque la faillite.

L'état lui ne fonctionne pas de cette manière. Les gros contribuables paient plus que les services qu'ils obtiennent de l'état alors que les petits contribuables paient moins que ce qu'ils coûtent. C'est le principe de solidarité, ciment de la société et résultat des luttes des XIXe et XXe siècles.

Aujourd'hui, ce principe est remis en cause. Les néo libéraux, sous prétexte de réalisme économique, théorisent que chacun paie pour ce qu'il reçoit, d'où baisse d'impôt pour les hauts revenus et baisse des services pour les autres. Ceci étant sensé améliorer la santé de l'économie. Qui l'a remarqué ?

Le but sous-jacent de ces théories est en fait de défendre des intérêts de classe. Sous couvert de théo­ries économiques du « moins d'état », pour « une meilleure gouvernance », il s'agit de détruire les mé­canismes de solidarité définis par eux comme trop coûteux. L'état est considéré par ces théories comme une sangsue qui affaiblirait l'économie et qu'il serait donc nécessaire de restreindre.

C'est oublier un peu vite que si l'état est nourri par l'économie, au travers des impôts, il nourri à son tour l'économie par les salaires de ses employés et par les investissements qu'il fait.

Par ailleurs qu'est ce qui est le meilleur pour la société, les dépenses de publicité, par exemple, consi­dérées par les économistes comme des dépenses productives, ou les dépenses de santé considérées elles comme improductives. On voit donc le divorce totale entre le point de vue des économistes et celui du bon sens. Il devient urgent de changer les modes de pensée et de redonner la primauté au pouvoir politique sur l'économique. Pour cela, il faut des politiciens courageux qui n'aient aucun com­plexe vis à vis des prétendus experts.

En conséquence, il faut voir d'un autre oeil les prétendus chiffrages des divers projets électoraux que l'on considère comme supportables ou insupportables suivant de quel bord on est. Les seuls critères qui devraient être appliqués, sont l'utilité et l'efficacité.


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